dimanche 30 novembre 2014

Une semaine, un poème #4

Coucou,
J'espère que vous allez bien, je suis très contente de vous retrouver pour ce rendez-vous. Je rapelle le principe : chaque Dimanche, je vous présente un nouveau poème.



J'ai découvert ce poème tout récemment en cour de littérature et j'ai décidé de vous le présenter parce que je l'adore. L'auteur de ce poème est jusqu'à maintenant mon poète préféré. 


Je t’aime

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tout le temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
 Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
Que tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

Paul Eluard, Le Phoenix, 1952

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