dimanche 15 novembre 2015

Une semaine, un poème #39

Salut,

Je vous retrouve en ce Dimanche, exeptionnellement, pour vous partager un poème en lien avec les attentats qui on lieu à Paris ce Vendredi 13. Je n'avais pas l'intention d'écrire un article à ce sujet mais quand j'ai vu ce poème, je ne pouvais que vous le faire partager.

Encore une fois, toutes mes condoléance à ceux qui ont perdu un être cher, la France entière est avec vous.


Paris

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

Louis Aragon, 1944

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